Pour notre avenir

ENJEUX

Le gouvernement fédéral soutient l’éducation postsecondaire de bien des façons. Reconnaissant la valeur de l’EPS, le gouvernement fédéral a fait certains investissements importants dans le système d’éducation postsecondaire. Récemment, le gouvernement fédéral a augmenté de façon historique le financement de la recherche fondamentale, rehaussé le financement de l'éducation des Autochtones, investi dans l'infrastructure pour la modernisation des laboratoires et des salles de classe, bonifié les programmes de subventions et prêts canadiens d'études et amélioré l'accès des effectifs adultes aux études postsecondaires.

Bien que ces investissements s’imposent, le système postsecondaire en soi demeure en difficulté. Le plus récent complément à l'investissement fédéral dans le financement de base de l'éducation postsecondaire a eu lieu en 2007, lorsque le gouvernement a augmenté de 800 millions de dollars le Transfert canadien en matière de programmes sociaux. Cet investissement, bien que louable, a été fait sans ententes avec les provinces pour renforcer l'EPS et, par conséquent, la situation ne s'est guère améliorée au cours de la dernière décennie.

La campagne Pour notre avenir est centrée sur quatre enjeux clés ayant une incidence sur le secteur postsecondaire.

Précarité

Un financement inadéquat de nos collèges et universités de la part du gouvernement a fait en sorte que de nombreux universitaires travaillent d’un contrat à l’autre, certains gagnant moins que le salaire vital.

Ce recours croissant aux postes contractuels est injuste pour ces universitaires, qui sont forcés au sous-emploi, pour leurs collègues, qui bénéficient d’un nombre réduit de collaboratrices et de collaborateurs tout en fournissant des services plus nombreux, et pour la population étudiante, puisque les universitaires contractuels ont un temps limité pour préparer les cours et travailler avec la population étudiante hors de la salle de classe.

Les chiffres :

  • Un membre du personnel de l’université sur trois au Canada est dans un contrat à court terme pour du travail précaire.
  • Le nombre des professeures et professeurs, dont l’emploi est axé sur l’enseignement et qui travaillent à temps partiel, ou partie de l’année, a grimpé de 79 % entre 2005 et 2015.
  • Les deux tiers du personnel contractuel de l’université sondé par l’ACPPU ont déclaré que leur santé mentale a été affectée négativement par la nature incertaine de leur emploi.

Équité

Nous savons qu’un système d’éducation postsecondaire de haute qualité comporte des voix et des connaissances diverses et les valorise.

Pourtant, les universitaires appartenant à des groupes en quête d’équité font face à la discrimination, sont sous-représentés et sont mal rémunérés pour toute une gamme de raisons, dont la surreprésentation dans le travail précaire.

Les chiffres :

  • Les universitaires autochtones demeurent sous-représentés de façon importante en milieu universitaire, comptant pour à peine 1,4 % de tous les professeurs et professeures et pour 3 % des chargées et chargés de cours des collèges en 2016.
  • Les postes axés sur l’enseignement qu’occupent les personnes racialisées, autochtones et de sexe féminin sont moins susceptibles d’être des postes à plein temps tout au long de l’année (PPTA).
  • Les femmes qui enseignent à temps plein dans les universités gagnent en moyenne beaucoup moins que leurs collègues de sexe masculin, soit 90 cents pour chaque dollar.
  • L’écart est le plus marqué pour les femmes racialisées qui enseignent dans les collèges et qui gagnent seulement 63 cents pour chaque dollar alors que les professeures racialisées gagnent en moyenne 68 cents pour chaque dollar.

Financement de la recherche

L’investissement dans la recherche fondamentale soutient les progrès fondamentaux dans le savoir, ce dont bénéficie toute la population canadienne.

Le rapport de 2017 du comité consultatif sur la science fondamentale sous la tutelle du gouvernement fédéral a montré que les investissements dans la recherche fondamentale sont ceux les plus rentables qu'un gouvernement puisse faire. Pourtant, les plus récents investissements, bien que louables, sont loin d'atteindre les niveaux recommandés. Au cours de cette période de grands changements, nous devons maintenir un niveau concurrentiel dans le financement des sciences et de la recherche pour mieux comprendre le monde et trouver des solutions.

Les chiffres :

  • Les investissements dans la recherche fondamentale sont de 40 % inférieurs au niveau de financement recommandé par le comité consultatif.
  • Les comités d’évaluation par les pairs pour les trois conseils subventionnaires recommandent typiquement de soutenir environ les deux tiers des demandes, mais la majorité n’est pas financée en raison du manque de fonds.

Accessibilité

À la suite des réductions des fonds publics pour nos collèges et universités, une part croissante des coûts de l’éducation postsecondaire est transférée aux étudiantes et étudiants et à leur famille par le biais de frais de scolarité élevés. Les étudiantes et étudiants qui n’ont pas les moyens de payer ces frais immédiats élevés doivent contracter des niveaux de dette ingérables afin de poursuivre leurs études.

Les chiffres :

  • 46 % des diplômées et diplômés sont endettés en raison des prêts d’études.
  • La dette moyenne au moment de l'obtention du diplôme est de 22 276 $.
  • Plus de huit Canadiennes et Canadiens sur dix conviennent que les personnes qui ne peuvent payer des études postsecondaires ne devraient pas se voir refuser cette expérience.